""Je n'ai pas voulu cela." La phrase de Guillaume II reprise par Karl Kraus dans Les Derniers jours de l'humanité sert de fil conducteur à une archéologie du sujet de l'action, entendu comme sujet d'un libre "usage" (khrêsis) du vouloir et du faire. Le fond du débat est d'ordre logique. Il passe par une distinction entre volonté (voluntas) et nolonté (noluntas), vouloir faire (velle facere), ne pas vouloir faire (non velle facere) et vouloir ne pas faire (nolle facere) dont l'histoire est retracée d'Anselme de Cantorbéry à Roderick Chisholm. S'y déploie une série de questions analysées en détail d'Abélard à Locke, de Buridan à Schopenhauer, de Duns Scot à Hobbes, Bramhall et Leibniz. Suis-je libre de vouloir ce que je veux faire? De vouloir ce que je ne veux pas faire ? De ne pas vouloir ce que je veux faire ? Non seulement avant de le faire, mais en le faisant? De l'Âne de Buridan au principe des possibilités alternatives de Harry Frankfurt, tout est mobilisé pour faire comprendre comment c'est en théologie que s'est nouée la question philosophique du rapport entre vouloir, nouloir et principe de non-contradiction. Deux modèles, en effet, s'affrontent depuis que la tradition chrét
For young readers
Book data: Open Library